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 <title>NEA France</title>
 <subtitle><![CDATA[La Nouvelle Ecole d'Athènes (NEA) France est un think tank axé autour des problématiques de la mondialisation, dont l'objectif est de diffuser les pensées et actions de la NEA Monde par des conférences et colloques dans de grandes villes du monde.]]></subtitle>
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 <updated>2012-05-21T04:35:39+02:00</updated>
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   <title>Conférence "les Dialogues de Bordeaux" - Novembre 2010</title>
   <updated>2012-03-23T17:39:00+01:00</updated>
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   <published>2011-02-15T13:55:00+01:00</published>
   <author><name>-</name></author>
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     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Conférence de Bordeaux, un succès! Bientôt le compte-rendu.</title>
   <updated>2012-02-20T22:57:00+01:00</updated>
   <id>http://www.neafrance.org/Conference-de-Bordeaux-un-succes-Bientot-le-compte-rendu_a37.html</id>
   <category term="Les conférences" />
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   <published>2010-12-06T11:30:00+01:00</published>
   <author><name>-</name></author>
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    <![CDATA[
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      <img src="http://www.neafrance.org/photo/art/default/2528848-3563113.jpg" alt="Conférence de Bordeaux, un succès! Bientôt le compte-rendu." title="Conférence de Bordeaux, un succès! Bientôt le compte-rendu." />
     </div>
     <div>
      La conférence de Bordeaux qui s'est déroulée les 25, 26 et 27 Novembre à Bordeaux a rassemblé de nombreux leader d'opinions de tous horizons pour débattre et proposer des solutions autour des thèmes suivants:       <br />
              <br />
       - Un modèle économique: partenariat public-privé. Formule du passé ou stratégie d'avenir?       <br />
       - Le cosmopolitisme, un autre modèle culturel mondial: le nationalisme dépassé?       <br />
       - Modèle environnemental: l'état et ses citoyens ont-il vraiment pris conscience de tous les enjeux du développement durable?       <br />
       - Le modèle social français: l'état providence, un avenir hypothéqué? Le modèle social et économique       français est -il compatible dans le contexte européen?       <br />
       - Le modèle éducatif français: tremplin pour un avenir professionnel assuré?       <br />
       - Le modèle politique français: une démocratie à la recherche d'un équilibre?       <br />
              <br />
               <br />
       Le compte rendu de ces 6 tables rondes sera très prochainement publié sur notre site.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Pour la réforme des institutions mondiales</title>
   <updated>2010-06-10T13:07:00+02:00</updated>
   <id>http://www.neafrance.org/Pour-la-reforme-des-institutions-mondiales_a35.html</id>
   <category term="Contributions" />
   <published>2010-06-10T13:00:00+02:00</published>
   <author><name>Sebastian Zacharia</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
l y a soixante ans, à la fin de la seconde guerre mondiale, la communauté internationale a créé un certain nombre d'organisations afin de s'occuper de problèmes mondiaux, d'amoindrir les possibilités de nouvelles guerres et de maintenir la paix. L'organisation des Nations Unies est l'une des plus importantes. Plus tard, certains pays d'Europe créent la Communauté Économique Européenne, qui deviendra plus tard l'Union Européen (UE). Les dernières soixantes années ont donné lieu à des changements considérables dans le monde. Il s'agit d'un tournant géopolitique, économique et social qui a totalement modifié notre façon de s'organiser, de gouverner, de faire du commerce, de communiquer entre citoyens, entre nations. Au vu de l'instabilité de la conjoncture internationale, de sa complexité, de ses complications et de ses contradictions, il y a aujourd'hui, de par le monde, un sentiment fort que les institutions mondiales, qui ont été élaborées il y a soixante ans, n'ont plus la capacité de gérer les vagues de changement qui transforment le monde. Nous avons besoin au plus vite de reformes institutionnelles et d'une certaine réorganisation. L'approche de la mondialisation doit être plus fine, et elle doit être appréhendée avec plus de vigueur. Les preuves de ce besoin de réforme sont là : la chute de la bourse fin janvier 2008, la crise financière, le resserrement du crédit, et la récession aux États-Unis et en Europe - récession qui freine même considérablement l'expansion de l'Asie. La montée sans précédent, et sans régulation aucune des multinationales porte préjudice aux pouvoirs des États. Les gouvernements perdent peu à peu le contrôle de ce qui se passe sous leur juridiction. Pour cause, l'influence de ce qui se passe à l'étranger. Pour assurer une certaine pérennité, des actions mondiales pour corriger ce problème sont nécessaires. La question, à présent, est de savoir quel modèle est le plus à même de gérer les problèmes de ce "Nouveau Monde", en ayant en tête l'expérience acquise grâce aux structures, au fonctionnement, aux succès et aux échecs des institutions mondiales actuelles, en particulier l'UE et l'ONU.     <div><b>Des vagues de changement qui transforment le monde</b></div>
     <div>
      Nous vivons dans un monde qui change rapidement, et notre capacité à gérer ce changement doit prévaloir. La mondialisation a apporté un progrès social et économique considérable dans beaucoup de pays. En même temps, comme le dit le spécialiste Paul Kennedy, elle a aussi conduit le monde à subir de &quot;nouvelles insécurités d'un niveau supérieur.&quot; Le 20ème siècle a vu la décolonisation, la désintégration de l'empire, résultant en désintégration ethnique, en conflits sociaux, et donc en une volatilité financière. Tout cela met en danger, détruit même, peut être, la sécurité humaine et économique. Il y avait 50 pays lorsque les Nations Unies furent créées. Il y en a à présent 193. Ces pays ont une grande diversité, des conflits, des contradictions, que ce soit dans leurs philosophies, leurs économies, leurs structures sociales, leurs cultures, leurs croyances, leurs modes de vie. Ce sont des démocraties, des dictatures, des gouvernements autoritaires. Des États en échec, des États qui se sont effondrés, et qui veulent rétablir leur souveraineté nationale. Les pouvoirs semblent être répartis entre un petit nombre de pays différents, tant bien que beaucoup d'États commencent à penser que cette répartition déséquilibrée des pouvoirs économiques et politiques dans le monde est une cause d'instabilité. L'ère dans laquelle nous vivons est fondée sur le savoir. C'est une ère de transition entre une domination hiérarchique et une domination systémique et l'accent est plus mis sur le développement durable que sur un simple développement économique.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'impact de la globalisation : la montée des secteurs privés et officieux</b></div>
     <div>
      Les économies des nations, individuellement, sont devenues plus sensibles, et plus imbriquées avec les événements économiques qui affectent les autres nations. Par conséquent, nous sommes rentrés dans une ère d'interdépendance mondiale et d'intégration économique graduelle. &quot;La mondialisation, fondamentalement, a altéré l'économie mondiale, certains en ont profité, d'autres sont devenus des perdants. La réduction des inégalités, que ce soit au sein, ou entre des pays, ainsi que la construction d'une mondialisation plus motivante, est le défi de développement le plus important de notre époque&quot;. (Administrateur du PNUD). En plus du défi que représente la mondialisation, nous devons en plus gérer les défis considérables entraînés par le terrorisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Faire face au nouveau monde : une approche exhaustivee de l'intégration régionale et mondiale du rôle de l'ONU en tant qu'organisation internationale</b></div>
     <div>
      Selon Tony Blair, &quot;la mondialisation est bel et bien là, est va rester. Nous n'avons pas le choix. Nous sommes tous des internationalistes à présent, que nous le souhaitions ou non, mais en temps que citoyens du monde nous avons la responsabilité de nous en occuper… Ces problèmes peuvent seulement être résolus via une communication internationale continue conduisant à une intégration pertinente. L'ONU, via ses différentes constituantes spécialisées, constitue un forum pour de telles discussions internationales&quot;. Le problème, inextricablement lié, de la pauvreté, de la dégradation de l'environnement et des populations, a des conséquences mondiales et nécessite un effort mondial harmonisé et un leadership mondial. L'intégration mondiale ou régionale n'est pas un évènement que nous pouvons célébrer un jour précis de l'année. C'est le résultat cumulatif et combiné d'une série d'actions entreprises par des nations, des individus, et des organisations. Cette intégration a lieu lorsque les pays du monde trouvent un terrain d'entente, basé sur des buts et des intérêts communs, afin de faire changer les choses, et ainsi de tomber d'accord sur un plan d'action commun, non pas seulement pour les nations, mais aussi pour les &quot;individus, le secteur privé, les ONG, et les sociétés civiles afin qu'eux aussi puisse profiter des bénéfices d'une sécurité physique, d'une opportunité économique et de la liberté politique&quot; (Richard N. Haass). Selon l'ancien ambassadeur britannique de l'ONU, &quot;assumer ces responsabilités dans le monde d'aujourd'hui revient à aller au delà des frontières. Des actions bilatérales entre les états ne suffisent pas&quot;. Beaucoup de ces défis impliquent une approche exhaustive s'ils doivent concerner le monde entier. Le cas du terrorisme est un cas d'école. Combattre, défaire le terrorisme, voilà qui nécessite un effort organisé de la part de tous les pays. Aucun État, peu importe sa puissance, ne peut à lui tout seul se rendre invulnérable. &quot;Le contrecoup a commencé, parce que les bénéfices de la mondialisation sont inégalement distribués, et parce que le marché mondial n'est pas encore encadré par des règles basées sur des objectifs sociaux partagés. Les multinationales devraient être guidées par le concept de citoyenneté mondiale et corporatiste, et ainsi appliquer des principes de bonne conduite où qu'ils opèrent. Par exemple la promotion des standards du travail équitable, le respect des droits de l'homme et la protection de l'environnement&quot;. (Le discours de Kofi Annan à l'ONU).       <br />
       La crise financière actuelle est la preuve la plus récente qu'une action mondiale basée sur une approche exhaustive et harmonisée est nécessaire… A cause d'un système financier qui, depuis des années, opère avec trop peu de régulations et de comptabilité, le secteur financier mondial a failli s'écrouler, en raison de l'échec du marché immobilier, avec comme point de départ la faillite des frères Lehman, une institution financière modèle, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier. Ce problème a été aggravé par l'hypothèse de la banqueroute d'AIG, un des plus gros groupes d'assurance et d'investissement mondiaux, qui peut causer, par effet domino, dans le monde entier, le resserrement du crédit et un frein à la circulation des capitaux, plongeant le monde des marché financiers, des Stocks Exchange, et des organismes de prêt dans le chaos le plus total. Les USA, qui bénéficiaient du coté obscur de la mondialisation, ont été pris par surprise, mais ont rapidement réagi afin d'injecter des fonds dans le système bancaire afin d'empêcher que les conséquences soient trop importantes. De même, le Royaume Uni, sentant l'étau d'un système financier mondial se resserrant, a entrepris des actions audacieuses pour empêcher les institutions financières de s'écrouler via l'injection du capital tant nécessaire à la disponibilité des crédits. Ils furent suivis par l'Allemagne, l'Europe, et l'UE. Les marchés asiatiques étaient toujours incertains. Sous l'initiative du gouvernement de la RPC, les pays d'Asie et l'UE se sont rencontrés à Pékin afin de prendre des mesures simultanées et harmonisées. Dans l'urgence, le président français, Nicolas Sarkozy, ainsi que le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, prit rendez-vous avec le président Bush dans l'espoir d'une action internationale harmonisée afin de répondre à la crise financière mondiale, via une gestion plus vigoureuse des marchés mondiaux. Le président Bush a alors accepté de convenir d'une série de sommets sur les défis de l'économie internationale, tout en rappelant son souhait de préserver les fondations du capitalisme démocratique ainsi que le respect du marché libre, de l'entreprise libre, et du commerce libre. Le premier sommet a eu lieu à la mi-Novembre. Il s’est penché sur les progrès accompli dans la lutte contre cette crise, et a tenté de trouver des terrains d'entente sur les principes de réforme nécessaires afin d'éviter que cela arrive de nouveau et ainsi assurer une certaine prospérité mondiale dans le futur. Il est clair, que les efforts nationaux et régionaux sont inadéquat. Il existe un besoin impératif d'actions mondiales et de solutions harmonisées. Tout cela est vraiment frappant, comme le dit l'ancien ambassadeur britannique des Nations Unies : &quot;Nous devons réguler la société internationale, plus particulièrement dans le contexte de la mondialisation… nous devons créer un système à partir des valeurs qui lient nos pays ensemble&quot;. Il est évident que l'ONU est concernée. Le F.M.I. prend déjà des mesures en dialoguant avec certains des pays les plus affectés.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Multilatéralisme, intégration, l'ONU et l'UE</b></div>
     <div>
      Les Nations Unies furent créées il y a 62 ans avec pour objectif la fin de la guerre et le maintien de la paix. Vu qu'il ne peut y avoir de paix sans développement, et de développement sans paix, la tâche de l'ONU a été de créer un environnement favorable à la paix à travers l'importance du développement socio-économique. La question d'une intégration au niveau mondial n'était même pas dans le programme de l'ONU. Les Nations Unies ont été basées sur le principe Westphalien de la souveraineté de l'État nation. En accentuant le rôle du multilatéralisme, l'ONU, ses fond et ses programmes, comme le PNUD et l'UNICEF, et ses Agences Spécialisées comme l'UNESCO, la FAO, et l'OMS, furent organisés en quartiers généraux à des niveaux régionaux et nationaux afin de répondre aux besoins existants et émergeants. L'ONU possède l'un des plus grands réseaux de bureaux ruraux en vue de la délivrance d'aides au développement. Le rôle et la fonction de l'ONU changent en fonction de l'évolution du monde. L'ONU a commencé à être plus proactif. En l'an 2000, le Secrétaire Général a démontré son ambition en définissant l'ONU comme le catalyseur du changement et de l'intégration       <br />
       mondiale au 21ème siècle. L'accent a été mis sur le travail de l'ONU avec le secteur privé, les ONG, et les agences multilatérales afin d'atteindre un consensus pour trouver des solutions aux problèmes mondiaux en &quot;devenant un catalyseur plus efficace en vue de leur résolution et d'une meilleure coordination, en stimulant des actions collectives à un niveau mondial&quot;. Le système des Nations Unis a des atouts uniques en raison de son impartialité, de son universalité, de sa présence mondiale, de son ouverture complète et un mandement exhaustif prenant en compte le développement, la sécurité, l'aide humanitaire, les droits de l'homme et l'environnement. Pour ce qui est de l'appartenance : contrairement à l'UE, l'ONU est ouverte à tous les membres qui acceptent la Charte et ses contraintes. Les nouveaux membres sont admis lorsque le Conseil de Sécurité les accepte. L'appartenance à l'UE dépend d'une chose : que les candidats répondent aux exigences du &quot;Critère de Copenhague&quot;. Le rôle et la fonction du chef de l'UE et de l'ONU sont différents à cause des différents mandements des deux organisations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les modèles des Nations Unies et de l'UE sont complémentaires, plus qu'en compétition</b></div>
     <div>
      Les modèles des Nations Unies et de l'UE ne sont pas mutuellement exclusifs. L'intégration régionale est un élément indispensable à l'intégration mondiale. C'est pour cela que j'ajouterais que l'intégration mondiale, à travers les modèles des Nations Unies, et de l'UE, n'est pas une question de choix à faire. Ils sont complémentaires et peuvent – et doivent - se renforcer, tout comme l'intégration régionale peut être le complément et le renforcement de l'intégration mondiale. Vu la complexité de la conjoncture mondiale actuelle, nous devons faire preuve de compréhension, de diplomatie, d'un esprit       <br />
       d'ouverture et de compromis afin de permettre l'intégration mondiale, soutenue par l'intégration régionale à travers des entités régionales (comme l'UE ou l'ASEAN, l'UA, etc).       <br />
       L'intégration peut être totale ou partielle. Il pourrait s'agir d'une union économique ou de l'intégration à certains aspects de l'économie. L'expérience des dernières 50 ou 60 années démontre que l'intégration régionale et mondiale fonctionne mieux si elle est appuyée sur une base fonctionnelle, comme les courants financiers, les mesures concernant le changement climatique ou le terrorisme, etc. Dans le cas de l'UE, l'intégration est plus exhaustive car elle prend la forme d'une union. Ses trois piliers furent l'union monétaire, des points communs en matière de politique étrangère et de sécurité, et la coopération dans la justice et les affaires intérieures. Ces deux derniers points sont intergouvernementaux et non pas supranationaux. Vu que beaucoup de pays sont déjà impliqués dans la mondialisation, l'intégration mondiale prend place automatiquement à cause des systèmes déjà en place comme la mobilité internationale des finances et des technologies. Mais dans d'autres cas, comme le changement climatique, le terrorisme, les armes de destruction massive, le code international de conduite du commerce, les droits de l'homme, le contrôle et la prévention des épidémies, ou encore la gouvernance, il existe un besoin urgent de travailler vers l'intégration régionale et mondiale afin que tous les pays du monde puissent tomber d'accord sur des reformes et des changements afin que tout le monde puisse profiter de la liberté et d'une prospérité mondiale. L'UE est un peu comme un petit club fermé où tous les membres doivent participer à toutes les activités du club. Personne ne peut en être membre sans accepter ce principe au préalable. L'ONU est un club bien plus grand où les membres ne participent qu'aux activités qui les intéressent ou qui leur profitent, qui sont perçues comme pouvant promouvoir l'intérêt national. Le club ne peut les forcer, mais il peut faire pression de manière permanente afin qu'ils participent. Le chapitre VIII de la charte des Nations Unies reconnaît le rôle des organisations régionales. La collaboration entre les entités régionales et l'ONU a pris plusieurs formes par le passé. Dans presque chaque région du monde, l'ONU travail aux cotés d'organisations régionales dans plusieurs projets et programmes majeurs de développement       <br />
       socio-économique. Dans d'autre cas, le maintien de la paix est opéré par des organisations régionales pendant que l'ONU mène des missions d'observation, comme par exemple le rôle de l'OTAN au Kosovo. On doit noter que, d'après la structure de l'UE, le conseil de l'UE, constitué des ministres des affaires étrangères des pays membres, le pouvoir de décision est basé sur le principe d'un scrutin représentatif en fonction de la population des pays. Les députés du parlement Européen sont élus directement par les citoyens de chaque pays. Est-il possible d'appliquer telle formule à l'ONU?       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les accomplissements et les revers des Nations Unies</b></div>
     <div>
      Une grande partie du travail de l'ONU, bien que moins frappant que l'aspect politique des opérations, nous frappe tous. Il y a beaucoup de choses écrites à leurs sujets, mais elles sont peu publiées, et mal connues. L'ONU a contribué de façon efficace à la paix mondiale et à la sécurité en dépit des circonstances difficiles à laquelle elle doit faire face. Les efforts de développement des Nations Unies ont profondément affectés les gens du monde entier. Au vu de l'idéal noble et expansif de l'ONU, il n'est pas surprenant que l'ONU ait été pris au milieu de l'orage, au milieu de tous les tournants dramatiques, peu importe leur situation dans le monde. L'ONU a supervisé de nombreuses élections dans le monde entier, que ce soit en soutenant les droits de l'homme, en aidant à la décolonisation, à l'indépendance. L'ONU et ses agences font face aux réfugiés, délivrent de l'aide, de l'assistance humanitaire, et aident au développement économique à plus long terme en protégeant l'environnement, en établissant les règles de base du commerce, des négociations de l'AGETAC, de l'OMC, en promouvant l'égalité des sexes, l'éducation pour les femmes et les jeunes filles, en facilitant les opportunités de travail pour les femme, en prévoyant un programme de coopération sur le développement international, mais aussi en prenant part aux «Objectifs du Millénaire», menant l'effort international contre des crises majeures comme le Sida, le SRAS, et maintenant la grippe aviaire. Les Nations Unies sont toujours un instrument majeur dans l'avènement de la paix et de la sécurité. Ces contributions apportées par les agences de l'ONU sont rarement appréciées à leur juste valeur.       <br />
       Actuellement, l'ONU déploie plus de 90 000 casques et bérets bleus dans le monde entiers. Les pacificateurs de l'ONU sont requis de plus en plus souvent, et bien trop de fois. Tant que l'ONU est devenu le numéro d'urgence du monde entier. Ayant moi-même été en charge de coordonner les urgences, je pense que le système, tel qu'il est, n'est pas du tout satisfaisant. Ce processus prend trop de temps, et est peu efficace. Dans beaucoup de cas, les forces de maintien de paix de l'ONU arrivent trop tard, et en trop petit nombre. L'ONU, en tant que forum consultatif international, n'a aucune autorité politique. Les résolutions de l'ONU ne sont pas des ordres, mise à part l'application du chapitre VIII de la Charte concernant les sanctions. L'ONU n'a pas d'armée, mais seulement une estrade pour démontrer son autorité morale, et sa force de persuasion. Les Nations Unies elles mêmes ne peuvent pas écrire d'accords, et encore moins forcer le consensus lorsqu'il n'y en n'a pas. Ce que l'organisation fait est de donner l'opportunité et le lieu pour la réalisation d'efforts en vue d'un éventuel accord. Durant son évolution de 60 ans, les structures de l'ONU sont devenues &quot;mieux huilées, ses méthodes de travail plus efficaces et ses différents programmes mieux coordonnés&quot; (dans Une plus grande liberté - notre responsabilité en commun, publication de l'ONU)       <br />
       Il est clair qu'une organisation créée afin de s'occuper d'une autre ère ne peut faire face aux défis et aux priorités du présent à moins de changer ses façons de fonctionner et de renforcer encore plus sa structure. Ce processus de réforme commencé il y a longtemps doit accélérer et s'achever au plus vite.       <br />
       En raison des différences de concept et de structure, il n'est pas pertinent de comparer l'ONU et l'UE du point de vue de l'autorité politique. La légitimité de la structure actuelle de l'ONU est remise en question car, contrairement à l'UE, ses membres ne sont pas directement élus par le peuple et représentent plus le gouvernement que les citoyens. De plus, le pouvoir de veto du conseil de sécurité remet la légitimité de l'ONU en question. La réforme, si nécessaire, de ces deux parties de l'ONU est actuellement reconsidérée. Un problème lié à tout cela concerne le degré de souveraineté dont les pays membres jouissent. Alors que la mondialisation progresse, les multinationales usurpent, ou affaiblissent, certains des pouvoirs de contrôle des états. Les états ne peuvent plus contrôler le flot des capitaux, des technologies, des biens et des services. Beaucoup de domaines des affaires intérieures sont influencés ou même conditionnés par ce qui se passe à l'étranger. Les ONG et les sociétés civiles sont en train de devenir une force certaine dont l'influence grandit de plus en plus.       <br />
       En dépit des états membres, l'intégration a commencé dans beaucoup de pays. En effet, lorsque l'intégration a lieu, les pays doivent renoncer à une partie de leur souveraineté en venant à des accords ayant pour but un bénéfice mutuel et l'intérêt général.       <br />
       La plupart des gouvernements ont déjà renoncé à des parties de leur souveraineté et de leur responsabilités à travers leurs accords avec l'OMC, l'OMS, l'OMM, l'OIT, etc…       <br />
       De même, l'ONU n'a pas une constitution qui force l'engagement, et, à cause du contexte décrit auparavant, une intégration complète n'est pas facile, voire impossible. L'objectif de l'ONU devrait être de persuader un maximum de pays membres à introduire la supranationalité en ce qui concerne les questions majeures de gouvernance mondiale et de renoncer à une part de leur souveraineté afin de permettre à l'ONU de prendre des mesures mondiales pour résoudre des problèmes mondiaux à travers son directorat et ses agences spécialisées. Cela impliquerait une contradiction de la doctrine Westphalienne de souveraineté absolue. Ainsi, une Charte de l'ONU mise à jour, une assemblée et un conseil de sécurité modifiés permettraient à l'ONU de retrouver sa crédibilité.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelques réflexions sur une réforme de l'ONU</b></div>
     <div>
      Les Nations Unies devraient adopter le principe Démocratique de l'appui de ses membres lors de l'accomplissement de ses mesures. L'ONU ne peut pas demander aux pays membres d'adopter une bonne gouvernance et de ne pas obligatoirement appliquer les principes de bonne gouvernance. Les membres de l'assemblée devraient être élus directement par chaque pays comme les représentants de l'UE représentant les ONG, la société civile ainsi que le secteur privé. Tout en maintenant le principe d'un système de vote propre à chaque pays, ce même vote devrait être représentatif en fonction du nombre d'habitants avec un maximum du nombre de voix fixé à l'avance. On devrait aussi considérer de reconnaître la contribution à l'ONU à l'aide d'un système unitaire, comprenant aussi un maximum par pays. Ainsi, le vote d'un pays pourrait représenter 4+1=5% et celui d'un autre pays 2+1=3%, ou encore celui d'un troisième 3+1=4%. Le conseil de sécurité devrait être réorganisé sur la base des critères de représentation du G20 et le pouvoir de veto devrait être aboli.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La réforme de l'ONU, les clauses de la Charte</b></div>
     <div>
      L'article 109 de la Charte des Nations Unies définit la possibilité d'une &quot;Conférence générale&quot; afin de revoir la Charte. Cette conférence peut avoir lieu si une majorité de deux tiers des votants de l'Assemblée Générale est obtenue, ainsi que l'approbation de neuf des membres du conseil de sécurité, pas obligatoirement des cinq membres permanents. Le veto n'existe pas dans le cadre de cette réunion. Néanmoins, les amendements approuvés par cette Conférence de révision de la Charte doivent être approuvés par les deux tiers des états membres, y compris les cinq États ayant ce pouvoir de veto. Jusqu'à présent, personne ne s'est montré enclin à rendre une telle &quot;Conférence Générale&quot; possible, simplement sur la présomption que les USA utiliseront leur veto si leur statut est modifié. Il est possible, si le lobbying et la pression populaire sont suffisants, qu'une Charte modifiée puisse être approuvée par les deux tiers de l'Assemblée Générale, plus probablement si elle réduit les pouvoirs des cinq États membres permanent au sein du conseil de sécurité et permet l'obtention d'une représentation plus importante - qu'elle soit géographique ou populaire - au sein d'un Conseil de Sécurité modelisé selon le G20. La réforme de l'Assemblée Générale reste peu probable. Cependant, si jamais le conseil de sécurité est reformé, cela améliorerait considérablement l'efficacité des opérations de l'ONU, ouvrant ainsi le chemin vers une réforme de l'Assemblée Générale. Certains se demandent sûrement: pourquoi se donner tant de mal, si la possibilité que ne serait-ce qu'un seul membre permanent utilise son veto subsiste, rendant ainsi une résolution prise par l'Assemblée Générale inutile? La réponse est simple: c'est mieux que rien. La possibilité d'une réforme de l'ONU est plus vraisemblable avec un contexte administratif différent aux États-Unis. Une raison peut être plus parlante est l'urgence dans laquelle nous nous trouvons face aux défis et aux problèmes décrits au début de mon article. Si les États-Unis sont sérieux lorsqu'ils parlent de s'occuper de questions mondiales comme le flot des capitaux, le changement climatique, la pauvreté, le terrorisme, les droits de l'Homme, une certaine forme de gouvernance mondiale et d'intégration est inévitable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une nouvelle pensée, un nouveau leadership</b></div>
     <div>
      La réforme des institutions n'est pas suffisante. Il doit y avoir un nouveau type de leadership, et la Nouvelle Ecole d'Athènes peut mener des programmes de recherche à cette fin. &quot;Les problèmes signifiants que nous rencontrons ne peuvent pas être résolus si nous avons le même état d'esprit que lorsque nous les avons créés.&quot; (Albert Einstein). Il faut un leadership lumineux pour changer un état d'esprit. Des leaderships à tous les niveaux peuvent avoir une influence majeure sur la façon selon laquelle un pays mène sa politique commerciale. Nous avons besoin d'un leadership qui comprend pleinement les dynamiques du changement. Un leadership qui comprend, par exemple, que le processus du développement et de la démocratie est quelque chose de lent. Dans les deux cas, son succès dépend de l'implication des gens dans ce processus. Cela implique un dialogue continu qui est long et difficile. Le besoin de trouver des solutions mondiales à des problèmes mondiaux met en valeur le rôle des leaders mondiaux qui ont un état d'esprit mondial. Le succès d'un leader mondial dépend de la crédibilité entraînée par son leadership. Nous aurons besoin de leaders pour penser de façon globale, pour agir à un niveau national et local au-delà des divisions religieuses, politiques, culturelles, systémiques. Nous aurons besoin de leaders qui comprennent les enjeux des conflits et des guerres, l'émergence d'acteurs non étatiques, du secteur privé, entraînant l'habilité, la capacité, et les outils pour s'en occuper à travers des solutions plus inspirées que dogmatiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Notre Avis</b></div>
     <div>
      Globalement, les accomplissements de l'ONU dépassent ses revers. La gouvernance mondiale, la gestion de la mondialisation, voila la responsabilité des pays en voie de développement et des pays développés. Le cadre pour trouver des solutions d'un point de vue politique, et pour aider à l'application de ces solutions sur le terrain, est l'ONU, mais c'est aux nations membres de se montrer à la hauteur, de réformer et de démocratiser le système des Nations Unies. Le monde est à présent face à une situation extrêmement critique. Les pays en développement et les pays développés peuvent coopérer dans la gestion de la mondialisation, rendant ainsi chaque pays capable de participer à une économie mondiale intégrée, ou ils peuvent commencer une guerre froide économique qui les mènera à leur perte. Mis à part le besoin de constituer des sociétés justes afin d'assurer la paix et la sécurité pour tous, tout réside dans l'intérêt éclairé des nations développées 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.neafrance.org/Pour-la-reforme-des-institutions-mondiales_a35.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le modèle de l'Union Européenne peut-il être appliqué au niveau mondial?</title>
   <updated>2010-06-10T13:00:00+02:00</updated>
   <id>http://www.neafrance.org/Le-modele-de-l-Union-Europeenne-peut-il-etre-applique-au-niveau-mondial_a34.html</id>
   <category term="Contributions" />
   <published>2010-06-10T12:54:00+02:00</published>
   <author><name>John McClintock</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
John McClintock a étudié l'économie et a travaillé dans des pays en voie de développement. Il fait actuellement partie de la commission européenne à Bruxelles. Il exprime ici un point de vue personnel.     <div><b>Quelle est votre position ?</b></div>
     <div>
      Je pense que nous ne sommes pas en train de résoudre les problèmes mondiaux. Par exemple en ce qui concerne le réchauffement climatique, les émissions augmentent tous les ans. Quant à la pauvreté, il y a des millions de gens qui sont sans abri. Les milliards de dollars dépensés par le monde entier n'ont aucun effet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quel est le problème fondamental ?</b></div>
     <div>
      Par exemple en ce qui concerne le réchauffement climatique, les émissions augmentent tous les ans. Quant à la pauvreté, il y a des millions de gens qui sont sans abri. Les milliards de dollars dépensés par le monde entier n'ont aucun effet. C'est ça qui nous manque. Sans lois, les pays peuvent plus ou moins faire ce qu'ils veulent. Envahir d'autres pays sans aucune raison. Polluer l'atmosphère. Pour ne pas agir de manière antisociale, les pays doivent être régulés. Je ne dis pas qu'ils doivent être ligotés, mais simplement régulés. La meilleure régulation, c'est la loi de tous les pays réunis démocratiquement.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Est ce que l'Union Européenne remplit ce rôle ?</b></div>
     <div>
      Oui. L'UE le fait très bien, de manière efficace. Ce n'est peut être pas une organisation parfaite mais, d'un point de vue historique, en considérant le chaos et le carnage que l'Europe a vécu par le passé, on peut dire qu'il s'agit d'un véritable miracle moderne. Grâce à l'UE, les européens vivent en paix, sont prospères, et vivent en harmonie avec les droits de l'homme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Mais comment fonctionne-t-elle ? Comment est ce qu'elle opère ?</b></div>
     <div>
      Tout repose sur le partage de la souveraineté. C'est la quintessence de l'Union Européenne, la caractéristique qui la fait marcher, et la rend unique en comparaison d’autres organisations internationales. Les pays décident - de leur plein gré - de partager des éléments individuels de la souveraineté nationale. Par exemple, en rapport avec le commerce, l'environnement et les finances (l'euro). Ils ne partagent pas la souveraineté dans tous les domaines, loin de là. D'autres domaines, comme par exemple la santé, la retraite, l'éducation, ne quittent pas le pays. Les pays ne perdent pas de leur souveraineté lorsqu'ils la partagent. C'est comme verser du vin d'un tonneau vers une bouteille. Le vin du tonneau, c'est la souveraineté de l'union. Ce vin est géré, est utilisé, par tous les pays, ensemble. Les pays ne perdent pas leur propre souveraineté, ils la modifient simplement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Mais comment utilisent-ils le tonneau de la souveraineté ?</b></div>
     <div>
      Ils l'utilisent pour créer des lois. Le processus n'est pas compliqué du tout. La commission européenne fait la première ébauche, l'envoie au conseil, composé de tous les pays membres. De chacun, qu'il soit petit, gros, riche ou pauvre. Chaque pays a une place garantie autour de la table. C'est un point crucial car dans d'autres organisations les décisions ne sont pas faites par tout le monde, mais simplement pas une petite partie des plus gros pays. La commission européenne envoie aussi son ébauche de loi au parlement, composé de représentants des citoyens, qui sont élus tous les cinq ans. Le conseil et le parlement discutent de la loi. Ils peuvent l'accepter telle qu'elle, ou bien l'amender. Il vont en débatte, et, tôt ou tard, ils tomberont d'accord, et l'ébauche deviendra loi.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut on parler de processus démocratique ?</b></div>
     <div>
      Oui, je pense que oui. Du point de vue de la procédure, tous les gouvernements ont leur mot à dire, et tous les citoyens, à travers le parlement européen, ont le même droit. Il s'agit bel et bien d'un processus démocratique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pensez-vous que ce système devrait être appliqué à un niveau mondial ?</b></div>
     <div>
      Il me semble clair qu'en partageant leur souveraineté, les pays d'Europe se sont sortis de problèmes incroyables. Ils ne se font plus la guerre, et les autres pays ne sont plus entraînés dans des guerres européennes. Si les européens ont pu le faire, pourquoi pas le reste du monde ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quel a été le rôle de l'union européenne dans la récente crise financière ? </b></div>
     <div>
      Nous n'en sommes qu'au début, et il est difficile de savoir si nous avons réussi à éviter une plus grosse crise. Mais il faut noter quelque chose d'extrêmement intéressant. Il y a déjà eu des crises de par le passé. La pire étant sûrement celle de 1930. Les pays, alors, ont répondu en prenant des mesures unilatérales. En augmentant les taxes d'importation pour protéger les industries nationales. C'est sensé, d'un point de vue individuel, mais complètement contreproductif du point de vue de l'intérêt collectif. Le monde était en crise, et nous savons tous sur quoi cela a abouti. Les années 30 ont été marquées par des actions unilatérales, c'était chacun pour soi. Ce coup-ci, ce n'est peut être pas exactement la même chose. Comme je dis, il est peut être trop tôt pour tirer des conclusions hâtives, mais les pays d'Europe, d'une manière générale, ont été bien plus collectifs. Chaque pays a aidé ses banques, mais les pays européens ont décidé que les renflouements ne devaient pas porter préjudice aux banques des autres pays. Ils sont tombés d'accord pour dire que chaque opération devait avoir été préalablement validée par la commission européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pourquoi est-ce si important ?</b></div>
     <div>
      Parce que cela veut dire que le bateau, sur lequel l'Europe entière est, n'a pas été coulé par les besoins nationaux, comme cela avait été le cas dans les années 30. Cette fois-ci, l'Europe a un cadre politique, et, plus important encore, judiciaire, qu'il peut utiliser afin d'assurer que les actions nationales n'aillent pas à l'encontre de l'intérêt général européen. Ce cadre, c'est l'Union Européenne.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Que proposez-vous ?</b></div>
     <div>
      Je propose un partage mondial de la souveraineté. Je pense que nous devons établir, dans un certain temps, après plusieurs étapes, une union mondiale qui ait pour modèle l'Union Européenne. Elle serait, bien sûr, basée sur le volontariat. Personne ne serait obligé de la rejoindre. Les pays voulant la rejoindre partageraient des éléments de souveraineté nationale précis, ils verseraient un peu de leur vin dans le tonneau mondial. Et ils géreraient ce tonneau ensemble, collectivement, afin d'élaborer des lois mondiales démocratiquement.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Soyons plus précis. Que ferait, selon vous, une union mondiale ?</b></div>
     <div>
      Au début, il ne faudrait pas qu'elle soit trop ambitieuse. Nous pouvons apprendre beaucoup grâce au modèle européen. Dans sa phase initiale, l'UE n'était pas particulièrement ambitieuse. Elle s'était concentrée sur deux domaines seulement : le charbon et l'acier. Je pense qu'une union mondiale devrait d'abord se consacrer à deux problèmes : le réchauffement climatique et la pauvreté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Qu'apporterait de plus une union mondiale, par rapport à ce qui est déjà fait ?</b></div>
     <div>
      Le réchauffement climatique est un problème sérieux, nous le savons tous. Cela fait au moins vingt ans que le monde en parle. Les Nations unies ont organisé le sommet de la Terre à Rio en 1992. C'est alors que les pays ont promis de réduire leurs émissions. Ils ont signé l'UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change). Il s'agissait, du moins, en théorie, de l'accord parfait, tout comme, plus tard, les accords de Kyoto. Le seul problème étant que très peu de pays ont tenu leurs promesses. Les pays ne prennent pas les mesures nécessaires, parce qu'ils ont peur de devoir payer plus que les autres. Par exemple, si les États-Unis n'ont pas adhéré au protocole de Kyoto, la raison en est simple : ils ont eu peur de devoir faire énormément de réajustements très coûteux et de perdre de la compétitivité dans le marché mondial, faisant tout empirer, de manière générale. Pour ce qui est de la Chine, sa priorité a été la prospérité économique, ce qui est plutôt sensé. Ceci dit, s'ils réduisent leurs émissions, ils pourraient aussi bien réduire leur taux de croissance. C'est pour cela que la Chine ne veut pas prendre les mesures nécessaires, et c'est bien compréhensible. Il s'agit du problème typique rencontré lors d'actions collectives. Tout le monde doit agir, mais si un pays agit seul, il va s'égarer. Pour contourner ce problème, il faut tomber d'accord quant à un plan mondial où les coûts seront partagés équitablement entre tous les pays. Pour y arriver, il faut un cadre politique mondial, et que les résultats des discussions sur qui paiera quoi soient encadrés juridiquement. Tant que cela ne sera pas mis en place, j'ai bien peur que nous ne pourront pas faire face au réchauffement climatique.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour vous, le modèle de l'union européenne est utile pour le monde entier, n'est ce pas ?</b></div>
     <div>
      Pour moi, l'Union Européenne n'est pas une fin en soi. Il s'agit de la genèse de quelque chose de véritablement nouveau pour le monde entier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Devenir le PDG de sa vie</title>
   <updated>2010-06-10T12:54:00+02:00</updated>
   <id>http://www.neafrance.org/Devenir-le-PDG-de-sa-vie_a33.html</id>
   <category term="Contributions" />
   <published>2010-06-10T12:48:00+02:00</published>
   <author><name>Ute Hélène von Reibnitz </name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ute Hélène von Reibnitz*, SCENARIOS + VISION, est consultante et coach en prospective, créativité et management multiculturel. Son cabinet de conseil, installé en France à Vence-06 s’investit pour de grandes entreprises de secteurs variés en Europe et au Moyen-Orient et accompagne également des particuliers dans leur entreprise de prospective individuelle.     <div><b>Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est la prospective ?</b></div>
     <div>
      La prospective est l’art d’anticiper les changements futurs et de s’y préparer, soit en tant qu’organisation publique ou privée, soit en tant qu’individu. La prospective est basée sur le constat que rien n’est prévisible et qu’il n’y a pas un avenir, mais plusieurs. On se pose donc les questions suivantes : qui suis-je ? que peut-il advenir ? Et en envisageant les futurs possibles, on se demande quel est, pour moi, l’avenir souhaitable ou la vision de mon avenir. Après la philosophie qui crée le cadre de chaque exercice prospective, on a besoin d’une méthodologie. Celle-ci nous guide de l’aujourd’hui vers des avenirs possibles, et ensuite, elle nous ramène de l’anticipation vers l’action. La prospective, en tant qu’exercice purement intellectuel sans action, ne sert à rien. Plus encore, il faut marier la philosophie avec une approche pratique qui garantit une bonne mise en oeuvre. Ce côté pratique est très important pour mon travail, parce que je suis fortement influencée par les approches allemandes et anglo-saxonnes de la prospective. D’un autre côté, j’ai une grande admiration pour l’approche philosophique de la prospective française. Dans mon quotidien, soit pour les entreprises, les institutions publiques, soit pour les particuliers, j’essaie toujours de mettre en valeur les aspects philosophiques français avec des approches pratiques pour une mise en oeuvre réussie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment peut-on s’appliquer à soi-même des principes définis pour des communautés ou le monde industriel ?</b></div>
     <div>
      Cette philosophie de la prospective personnelle dit que chacun peut devenir le PDG de sa vie. Comment peut-on imaginer cela ? On ne peut pas changer ou influencer le cadre de facteurs et d’événements extérieurs. Il faut accepter cet environnement comme un cadre défini. Mais au sein de au sein de ce cadre, il y a beaucoup plus de possibilités et de marge de manoeuvre qu’on peut l’imaginer à première vue. Donc, mon travail consiste à guider mes « coachees », à ouvrir leurs yeux sur les opportunités futures à saisir aujourd’hui, tout en envisageant les menaces et les risques qui pourraient contrarier leur stratégie de demain. Le message clé: si on veut façonner un avenir de réussite, de bonheur et d’épanouissement, il faut commencer aujourd’hui par se poser les bonnes questions et bâtir sa stratégie.       <br />
       Un processus de prospective doit toujours être guidé par des questions qui ouvrent sur un autre point de vue, stimulent notre réflexion d’une manière créative et nous font évoluer personnellement.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelle est la philosophie de la prospective personnelle ?</b></div>
     <div>
      Cette philosophie de la prospective personnelle dit que chacun peut devenir le PDG de sa vie. Comment peut-on imaginer cela ? On ne peut pas changer ou influencer le cadre de facteurs et d’événements extérieurs. Il faut accepter cet environnement comme un cadre défini. Mais au sein de au sein de ce cadre, il y a beaucoup plus de possibilités et de marge de manoeuvre qu’on peut l’imaginer à première vue. Donc, mon travail consiste à guider mes « coachees », à ouvrir leurs yeux sur les opportunités futures à saisir aujourd’hui, tout en envisageant les menaces et les risques qui pourraient contrarier leur stratégie de demain. Le message clé: si on veut façonner un avenir de réussite, de bonheur et d’épanouissement, il faut commencer aujourd’hui par se poser les bonnes questions et bâtir sa stratégie.       <br />
       Un processus de prospective doit toujours être guidé par des questions qui ouvrent sur un autre point de vue, stimulent notre réflexion d’une manière créative et nous font évoluer personnellement.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dans quelle situation ou face à quel problème est-il recommandé de faire cette réflexion ? Réflexion ou mathématiques ?</b></div>
     <div>
      Des situations classiques, comme une crise professionnelle ou personnelle (on a perdu son emploi, l’employeur délocalise, on veut se mettre à son compte, le conjoint a terminé sa relation...), peuvent créer la nécessité ou l’envie de réfléchir et de changer quelque chose dans sa vie. Il y a aussi des personnes, dans une situation sécurisée qui ressentent juste l’envie d’évoluer et cherchent de nouveaux défis ou veulent changer de cap. La dernière situation est plus mature, selon Confucius, qui a dit : « celui qui apprend par la conscience est le plus sage ». Les approches prospectives nous laissent le choix entre l’application des modèles purement qualitatifs et des modèles quantitatifs. Dans mon processus de prospective, j’applique des modèles mathématiques si le client le désire et si c’est vraiment nécessaire, par exemple dans des cas assez complexes avec plus de 30 facteurs à anticiper. Quelques exemples: “ l’avenir de l’aviation en Europe , l’avenir des programmes spatiaux en Europe, l’avenir de la médecine, l’avenir de l’eau”, etc. Dans tous les autres cas, on peut travailler utilement avec une logique de cohérence sans appliquer des modèles mathématiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-on prendre sa vie en main, surtout dans une période si agitée ?</b></div>
     <div>
      Si on ne l’a pas fait avant, c’est urgent, maintenant ! Bon nombre de personnes ont besoin d’une crise pour arriver à la conclusion qu’il faut changer leur vie. Si tout va bien, on ne ressent pas une nécessité ou une urgence de changement. Mais la crise est très souvent nécessaire et c’est le déclencheur d’un tel processus. Donc, on peut dire que la crise a un sens presque thérapeutique. Mais il y a des nuances dans la crise : si elle nécessite un changement des comportements, des croyances, c’est le bon déclencheur de la prospective. Si elle a déjà détruit les bases fondamentales de la vie, c’est trop tard. Comme le disait Talleyrand « si c’est urgent, c’est trop tard » Dans ce cas, il faut faire appel à un gestionnaire de crise pour limiter les dégâts et sortir du tunnel. Après le management de crise, il faut faire un processus de prospective pour ne pas se retrouver dans une situation similaire dans quelques années.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quels sont les atouts et les limites d’une prospective personnelle ?</b></div>
     <div>
      L’atout majeur est le processus qui nous ouvre les yeux pour découvrir les évolutions futures dans notre environnement et qui nous mène à des nouvelles idées pour notre vie d’aujourd’hui et de demain. Le second atout est que la prospective, soit industrielle, soit personnelle, ôte la peur du futur (si répandue dans le moment actuel de crise), crée l’envie de façonner notre avenir et nous connecte à nos ressources, pour y arriver. Engager une réflexion, au-delà de nos stratégies à court et à moyen terme, nous donne plus de marge de manoeuvre. Un exemple : si on découvre une menace dans des futurs possibles, on a encore assez de temps pour transformer cette menace en opportunité. Si je n’anticipe pas, et que la crise me frappe, c’est trop tard. Je n’ai plus de marge de manoeuvre, et je ne peux, sans doute, que limiter les dégâts. Donc, mon atout est de devenir proactif et développer une agilité prospective qui nous rende tous capables de faire face à tout type de bouleversement. Mais, il y a aussi des limites : la prospective, soit industrielle ou personnelle, n’est pas un moyen de gestion de crise ou de conflit à court terme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelle est la différence entre la prospective personnelle et les livres type « self-help » ?</b></div>
     <div>
      La prospective personnelle est basée sur l’idée de façonner son avenir, en utilisant toutes les ressources internes d’une personne, en intégrant des changements de l’environnement personnel et professionnel, pour arriver à une mission et une vision inspirée par ces mutations. Bref, la prospective personnelle connecte ce qui est à l’intérieur d’une personne (ses forces, ses compétences, ses valeurs, sa raison d’être) avec les champs de possibilités extérieurs. Comme on parle beaucoup de gouvernance aujourd’hui, la prospective personnelle est un moyen excellent d’auto gouvernance. Les livres « self help » sont très performants pour l’analyse de la personne et donnent quelques recettes pour sortir d’une situation, mais ils n’utilisent pas les sources personnelles d’inspiration et de l’imagination de l’environnement futur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En conclusion, les États pourraient-ils utilement tirer profit des méthodes de prospective ? Que leur manque-t-il, à ce jour, pour relever des défis mondiaux ?</b></div>
     <div>
      Les méthodes de la prospective sont un excellent moyen pour mieux capter les signaux faibles en tendance (se poser la bonne question: à quel moment, est-ce qu’un signal précurseur se transforme en tendance lourde ?) pour mieux anticiper les alternatives de l’avenir et gouverner d’une autre manière. La crise actuelle est l’opportunité unique de mettre en question notre fonctionnement économique et de développer de nouveaux modèles de gouvernance. Par exemple, des modèles avec plus de participation, une répartition juste de la richesse, des critères éthiques et écologiques, rétribués comme des critères de profitabilité, de rémunération de performance à long terme, au lieu de court terme, etc… En conséquence, il est urgent d’initier une prospective internationale qui crée un paradigme de gouvernance juste, éthique et durable. C’est maintenant ou jamais !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Ute Hélène von Reibnitz has published several books in English, French, German, Korean and Russian and       <br />
       numerous articles in professional magazines.       <br />
       “Il y a toujours une alternative – découvrez et façonnez votre avenir professionnel”, Economica, Paris, France,       <br />
       2007       <br />
       “Es gibt immer eine Alternative – entdecken und gestalten Sie Ihre berufliche Zukunft”, Kösel-Verlag, Munich,       <br />
       Germany, 2006       <br />
       “Szenario-Technik – Instrumente für die unternehmerische und persönliche Erfolgsplanung”, Gabler,       <br />
       Wiesbaden, Germany, 1992       <br />
       “La Technique des Scenarios”, Ed. Afnor Gestion, Paris, France,1989       <br />
       “Scenario Techniques”, McGraw-Hill Book Company, Hamburg, Germany 1988       <br />
       “Szenarien – Optionen für die Zukunft”, McGraw-Hill Book Company, Hamburg, Germany, 1987       <br />
       </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.neafrance.org/Devenir-le-PDG-de-sa-vie_a33.html" />
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